Saison 2019/2020 : déjà 15 incidents de chasse à courre !

Comme toutes les précédents, cette saison de chasse à courre a été émaillée d’incidents graves : intrusions dans des jardins, des centre-villes et des zones interdites, accidents de voiture, animaux domestiques tués, arrêtés municipaux violés… L’année dernière nous avions été en mesure de recenser pas moins de 20 incidents partout en France, et cette année n’est pas en reste avec déjà 15 événements marquants.
Ce travail de recensement est le fruit de la mobilisation populaire que nous avons enclenché et, sans la participation de chacun, la plupart de ces faits seraient passés sous silence. Bravo à tous ceux qui nous ont contacté pour nous faire part de leur expérience : ensemble nous faisons enfin la lumière sur la situation intenable que vit la population des campagnes et des lisières de forêts françaises !
Voici un bilan temporaire, peu après la mi-saison :


19 octobre : L’équipage de Villers-Cotterêts tue un cerf dans la zone industrielle des Verriers (02).

 

2 novembre : Pendant une chasse à courre de l’équipage « Vénerie du Berry » en forêt de Loches (37), le cerf pourchassé déboule sur la D764 et heurte une voiture transportant une famille.
Le choc est si violent que le véhicule finit sur le toit, dans un fossé. À l’intérieur, la mère de famille fait un arrêt cardiaque (à ce jour, elle est toujours dans le coma), tandis que son mari et son enfant de deux ans s’en sortent miraculeusement avec des blessure superficielles. Le cerf, lui, a été éjecté à 50 mètres de là et est mort sur le coup.
Le capitaine de Gendarmerie Gaudrel déclarera à la presse que cet accident souligne « la dangerosité de la forêt quand les animaux sont chassés ».
Source : La Nouvelle République

 

3 novembre : À la poursuite d’un cerf, la meute du Rallye Trois Forêts pénètre dans un domaine privé habité, au sud de Pontpoint (60). L’animal endommage les grillages de la propriété dans sa fuite avant de mourir en frappant un arbre de plein fouet.

 

16 novembre : (VIDÉO) Hors de contrôle, une partie de la meute du Rallye Trois Forêts poursuit un cerf blessé jusque dans le lotissement de la Source aux Moines à Pont-Sainte-Maxence (60). Attirés par les râles de douleur du cerf et les cris de la meute, des riverains sortent de chez eux et s’interposent.
Cet incident intervient alors que l’équipage est déjà poursuivi par la commune pour des faits similaires survenus en 2018.
Source : le Parisien

 

23 novembre : Tout près de Pierrefonds (60), sur la départementale, une voiture heurte un cerf fuyant l’équipage La Futaie des Amis. Quelques minutes plus tôt, la meute avait traversé un terrain privé pourtant protégé par un arrêté municipal.
Source : Oise Hebdo

 

19 novembre : Alors que des enfants de 3 ans découvrent la nature lors d’une sortie scolaire près de Saint-Sauveur (60), un chevreuil poursuivi par le Rallye Pic’Harloup traverse à quelques mètres du groupe. Les enfants, inquiets, se retrouvent frôlés par les chiens hurlants. L’enseignante avait pourtant pris les précautions nécessaires pour s’assurer qu’aucune chasse à tir n’avait lieu ce jour-là, mais c’était sans compter le manque de transparence des veneurs quant à leur calendrier et zones de chasse.

Source : Courrier Picard

 

26 novembre : Pendant une course d’orientation d’une classe de 1ère du lycée Jean Rostand à Chantilly (60), organisée dans les parcelles de forêt voisines, un cerf coupe la route d’une élève : le groupe se retrouve en pleine chasse à courre du Rallye Trois Forêts.

 

9 décembre : (VIDÉO) Pendant une chasse au chevreuil du Rallye Pic’Harloup, un veneur perd le contrôle de son cheval. Affolé, il s’emballe sans cavalier sur la départementale près de Pierrefonds (60).

 

14 décembre : (VIDÉO) Un jeune cerf épuisé et blessé, traqué par le Rallye Bonnelles, se réfugie dans le jardin d’une propriété privée en lisière de la forêt de Rambouillet (78).

 

17 décembre : L’équipage Bernel traque un sanglier jusqu’à l’école maternelle de Liniers (86), à plus d’1,5 km de la forêt de Moulière. Les enseignants confinent les enfants à l’intérieur de l’école pendant que l’animal trouve refuge dans un jardin privé, dans lequel les chasseurs pénètrent avec leurs chiens malgré l’opposition des propriétaires, du maire et de la gendarmerie. L’équipage emporte ensuite l’animal qu’ils tueront et découperont en forêt. Le maire portera plainte contre les chasseurs pour mise en danger d’autrui.

Source : La Nouvelle République

 

26 décembre : (VIDÉO) Le cerf chassé par La Futaie des Amis se cache dans un étang privé à Verberie (60). Le maire, informé par les habitants, se rend immédiatement sur place accompagné de la gendarmerie pour faire valoir son arrêté municipal et faire appliquer la loi : sans l’accord du propriétaire, l’acte de chasse sur le terrain d’autrui est illégal. Alors que le Maître d’équipage assure au maire et aux forces de l’ordre qu’il met fin à la chasse, son valet s’empresse de tirer discrètement l’animal au fusil, mettant tout le monde devant le fait accompli. Le Maire déclarera à la presse que « tout cela n’est pas acceptable et relève d’un comportement féodal qui n’a plus lieu d’être ».

Source : Courrier Picard, Oise Hebdo

 

31 décembre : (VIDÉO) À Prémontré (02), le jour du réveillon, un couple de retraités voit un cerf affolé se réfugier sous leurs fenêtres, suivi par une meute de chiens. La gendarmerie doit rappeler les chasseurs à courre du Rallye Nomade pour qu’ils daignent revenir sur les lieux et récupérer leurs chiens.

Source : L’Union

 

31 décembre : Des veneurs de l’équipage de Villers-Cotterêts traversent les voies ferrées de la ligne Paris-Laon à proximité de Fleury (02) avant de refermer le portail qui en empêchait l’accès.

 

4 janvier : (VIDÉO) Un cerf se réfugie dans un jardin privé de Quincy-Basse (02). Les propriétaires s’empressent de fermer leur portail pour empêcher l’intrusion des chasseurs à courre du Rallye Nomade, mais l’animal termine sa course dans l’étang privé voisin.

Source : L’Union

 

4 janvier : Un chien du Rallye Bonnelles est percuté par un automobiliste sur la départementale près de Condé-sur-Vesgres (78).

 

#TRAQUÉS 3 – LE SANGLIER (📸 par Thibaut De Clercq)

🐗🖼 Le sanglier est un mammifère très présent chez nous. Une compagnie est composée le plus souvent de plusieurs femelles (dont une de tête) et de jeunes. Les sangliers mâles plus âgés vivent isolés, d’où leur nom de « solitaires ».
Contrairement aux idées reçues, c’est un animal relativement calme et craintif, qui, au moindre bruit ou forme inhabituelle, choisira à 99 % la fuite plutôt que l’affrontement, sauf si sa vie ou celle des petits est en jeu.
Il vit le plus souvent dans des « zones sales » très encombrées de ronces/fougères où il y passe la quasi-totalité de la journée à dormir, toujours à proximité d’un point d’eau pour pouvoir se « souiller » (s’y rouler pour se débarrasser des parasites). C’est le soir venu qu’il se déplace en recherche de nourriture et évolue à découvert toute la nuit pour regagner sa remise au lever du soleil. Contrairement à beaucoup d’animaux, ses yeux ne réfléchissent pas la lumière, il faut donc redoubler de vigilance quand nous traversons son territoire en voiture la nuit !

📯🗡 Depuis des siècles, le sanglier est prisé par les chasseurs à courre pour le duel épique qu’il est censé offrir : les peintres et les poètes de chasse du moyen-âge le représentaient volontiers en monstre noir invincible, plus grand que les hommes eux-même.
Aujourd’hui, on connaît mieux la réalité de ces chasses : le sanglier (mâle comme femelle), une fois « trié » de force (séparé de sa famille), tente de fuir en courant en cercles, jusqu’à épuisement. Il est ensuite rattrapé par les chiens, qui encaissent pour leurs maîtres les coups de défenses du sanglier paniqué. Les veneurs arrivent enfin pour l’achever et festoyer autour de sa dépouille. Aujourd’hui en France, il existe encore une quarantaine de ces équipages (dits « vautraits »).

Un jeune sanglier dévoré vivant : AVA Bretagne s’interpose !

Mardi 27 novembre, une chasse à courre parmi tant d’autres en Bretagne… Tandis que l’équipage parade fièrement, une 30aine de chiens affamés sont lâchés un peu partout en forêt à la recherche d’un nouvel animal à traquer. Rapidement, une partie de la meute tombe par hasard sur un sanglier de quelques mois qu’elle encercle et prend pour cible.

Bilan : rectum et parties génitales arrachées, perforation d’un poumon, plaie profonde de l’abdomen avec extériorisation intestinale ainsi que de nombreuses autres plaies.

Les membres d’AVA présents sur place parviennent à l’extraire de la meute, et l’emmener chez le vétérinaire le plus proche. Jusqu’au bout, et aidé par les bienveillance des humaines l’entourant, ce petit sanglier n’a cessé de se battre, mais ses blessures étaient trop sérieuses.

Plusieurs fois par semaines, un peu partout en France, de nombreux animaux subissent le même sort, cerfs, chevreuils, sangliers, renards, lièvres et lapins pour le plaisir de quelques-uns. Ne fermons plus les yeux devant la barbarie et mettons y un terme.

Repose en paix Mini-Pumba.

Jeudi 15 Février : Quatre personnes agressées pour avoir filmé en forêt !

Jeudi 15 février. Alors que la Société de Vénerie soigne son image devant la presse, sur le terrain les violences s’accentuent.

Quatre personnes sont agressées pour le simple fait d’avoir filmé la « curée » dans un lieu public. Des membres de l’équipage « Vautrait Tiens Bon Picard » leur ont volé un téléphone et les ont poursuivis jusqu’à leur voiture, pour pouvoir prendre leurs immatriculations en photo.

Le sentiment de toute-puissance des chasseurs à courre n’aura bientôt plus de limite avec un Préfet ouvertement de leur côté.

Soyons tous unis contre les violences ! La liberté d’expression est en danger dans nos campagnes !

Voici une cagnotte pour aider la personne qui s’est fait voler son téléphone :
https://www.leetchi.com/c/ava-abolissons-la-venerie-aujourdhui

Voici le récit détaillé d’une des personnes présentes :

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