⚠️ LA CHASSE À COURRE, UN DANGER CONSTANT SUR LA ROUTE ! 🚗

Tous les ans, la chasse à courre est la cause d’accidents de la route impliquant des blessures parfois très graves. Ces accidents ne sont en rien exceptionnels mais parfaitement inhérents à ce type de chasse. En voici les raisons.

TOUTE UNE FORÊT DÉRANGÉE

La chasse à courre est une pratique qui cause la panique parmi les habitants de la forêt, directement chassés ou simplement dérangés et effrayés. Par le bruit bien sûr (on n’appelle pas cette chasse « à courre à cor et à cri » pour rien), par la présence de véhicules par dizaines (4×4, poids lourds, quads, vélos…) mais surtout par la présence active de la meute. Car même si la chasse à courre n’est censée traquer qu’un seul animal jusqu’à sa mort, c’est toute la forêt qui doit être remuée pour y parvenir.
En début de chasse, les chiens « lèvent » tous types d’animaux pour que les veneurs puissent les apercevoir et choisir leur proie du jour parmi eux.
Puis on pousse les chiens à « trier », c’est à dire à séparer l’animal chassé de ceux qui l’accompagnent, car la plupart du temps les « gibiers » fuient en groupe.
Enfin, tout le long de la chasse, les animaux terrifiés vont tenter de mélanger leur odeur à celles de leurs congénères en les croisant ou en se mêlant à eux pour créer des « changes », ce qui multiplie les animaux poursuivis.
C’est donc beaucoup plus qu’un animal qui se retrouve dérangé et donc plus susceptibles de s’exposer sur les routes dans sa fuite. Alors qu’on croise rarement des animaux sur les routes de jour, ceux-ci sont beaucoup moins discrets lorsqu’ils doivent courir pour leur vie !
La chasse à courre a une responsabilité légale sur « son » animal de chasse en cas d’accident, mais qu’en est il de tous les autres ?


DES CHIENS ERRANT EN PERMANENCE


Un « laisser courre » de grande vénerie implique de lâcher une soixantaine de chiens en forêt avec la voix et le fouet comme seul contrôle sur eux .
Dès le début de la chasse, ils se dispersent en courant après différents animaux, on dit qu’ils « s’égayent ». Ce n’est que lorsque les veneurs humains sont assez sûrs de leur choix de proie qu’ils vont commencer à « rameuter » ceux qu’ils retrouvent. Tout au long de la chasse, ce phénomène se reproduit, laissant des chiens très loin du cortège de veneurs. Pendant toute une journée de chasse à courre, on trouve donc des chiens perdus, errant le long des routes. Plus dangereux encore, ils sont habitués à ne pas craindre les voitures et cherchent même le contact avec celles-ci, espérant être récupérés par des valets.
Au delà du chaos que leur présence crée, il arrive tous les ans que des chiens de meute soient renversés sur des voies rapides.


AUCUNE OBLIGATION DE SIGNALISATION

Tous les six ans, chaque fédération de chasse départementale décide elle-même des règles de sécurité qu’elle s’appliquera. C’est déjà léger mais il y a pire : les veneurs en sont quasi-systématiquement exemptés ! C’est notamment le cas pour l’obligation de porter des chasubles fluo ou vêtements visibles de loin. On peut imaginer que la tradition et l’apparat des redingotes est jugé ici plus important que la sécurité de tous.
Les veneurs sont également exemptés de l’obligation de disposer des panneaux « chasse en cours » délimitant leur zone d’activité. Tout au plus, ils disposent de quelques gyrophares sur leurs 4×4 dits « de sécurité », mais dont les occupants sont le souvent occupés à observer la chasse ou à ramasser des chiens errants.


LA CHASSE A COURRE EN 8 ACCIDENTS


25 mars 2017 – Oise (60)

En forêt de Compiègne, un cerf pourchassé par l’équipage La Futaie des Amis a heurté un véhicule de plein fouet dans sa fuite. Les dégâts s’élevaient à 6500 € mais l’équipage a nié toute responsabilité malgré des témoignages.
Source : http://ava-picardie.org/2017/10/17/jamais-3-4/

3 janvier 2018 – Oise (60)

Poussé par les chiens de la Futaie des Amis, un cerf traverse la N31 et heurte une voiture.
Source : http://www.leparisien.fr/oise-60/compiegne-60200/rethondes-une-voiture-percutee-par-un-cerf-chasse-a-courre-03-01-2018-7481907.php
https://www.facebook.com/avafranceofficiel/videos/1636023826455473/

17 octobre 2018 – Seine-Maritime (76)

La voiture d’une jeune femme est percutée par un cerf sur la D915 entre les Grandes Venets et Torcy-le-Grand. Pourchassé par les chiens de l’équipage du « Rallye Roumare », il a traversé la route effrayé et n’a pu éviter le véhicule. Il sera achevé par les veneurs un peu plus loin et dépecé pour leur curée.
Source : https://www.facebook.com/laurent.lengaigne/posts/2172665276325212

7 novembre 2018 – Oise (60)
Un chien de chasse appartenant à l’équipage « La Futaie des Amis » est renversé par une voiture roulant à 80 km/h sur la N31. Il décède sur le coup.
Source : témoins directs

19 janvier 2019 – Oise (60)
L’équipage d’Alain Drach « La Futaie des Amis » cause un accident sur la N31 où le cerf qu’il pourchasse est heurté par une voiture. L’animal se traînera jusqu’aux étangs du Carandeau et sera fusillé dans l’eau quelques minutes après l’accident
Source : témoins directs
https://www.facebook.com/AVACompiegneLaigue/videos/2104456609619534/

12 février 2019 – Aisne (02)
L‘équipage du Baron Velge cause un accident impliquant plusieurs voitures sur la N2. Des animaux mis en fuite par les veneurs ayant traversé la route devant des véhicules.
Source : https://www.lunion.fr/id40172/article/2019-02-12/une-chasse-courre-provoqueun-accident-sur-la-rn2

6 mars 2019 – Oise (60)

Le cerf poursuivi par l’équipage Rivecourt traverse la N31 et percute un car transportant des passagers. Le conducteur est emmené aux urgences, la direction et le pare-brise du car sont détruites. L’équipage emportera le cadavre du cerf pour la curée pendant que des suiveurs restent sur place pour empêcher passants et journalistes de documenter la scène.
Source : http://www.oisehebdo.fr/2019/03/06/un-car-percute-un-cerf-pres-de-compiegne-le-conducteur-blesse

28 mars 2019 – Aisne (02)
Un motard tente d’éviter un chien de meute de chasse à courre qui traversait la N2 en forêt de Retz et perd le contrôle de son véhicule.
Source : https://www.lunion.fr/id54423/article/2019-03-30/un-chien-dune-chasse-courre-provoque-un-accident-de-moto-montgobert

2 novembre  2019 – Indre-et-Loire (37)

Une voiture transportant une famille en forêt de Loches heurte le cerf chassé par l’équipage Vénerie de Berry, tenu par le Marquis de Chaudenay. La voiture fait un tonneau et finit sur le toit dans un fossé. Par miracle, le père et l’enfant de deux ans s’en sortent avec des blessures légères. La mère fait un arrêt cardiaque et est plongée dans le coma artificiel pendant plusieurs jours. Quelques minutes plus tard la meute de chien arrive sur les lieux, visiblement derrière le cerf, mais les veneurs accusent « les cueilleurs de champignons » de faire sortir des animaux…
Source : https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/genille/loches-une-voiture-percute-un-cerf-trois-blesses-dont-un-grave-en-arret-cardiaque
https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/accident-en-foret-de-loches-le-cerf-etait-il-traque

23 novembre  2019 – Oise (60)
Il est 13h et les chiens de l’équipage « La Futaie des Amis » poursuivent un cerf et quelques biches dans les pâtures privées qui bordent la ville, sans aucun être humain pour les arrêter. Les animaux, affolés, traversent la route de Compiègne au niveau du camping et l’un d’eux heurte un véhicule de plein fouet ! Le conducteur, un jeune homme de la région de Clermont, sort choqué mais miraculeusement indemne.
Les veneurs passent quelques instants plus tard, sans se soucier de lui et s’enfoncent dans la forêt. C’est la gendarmerie, présente de manière disproportionnée pour accompagner la chasse ce jour là, qui s’occupe du ménage. Des voisins qui, à la vue des chiens errants, étaient sortis de chez eux, tentent de prendre des photos et de parler au conducteur. Ils sont repoussés par les forces de l’ordre qui contrôlent leur identité. Un des gendarmes tente même de prendre son téléphone à une riveraine.

Pour que cesse cette insécurité, une seule solution : abolir la chasse à courre, pratique inadaptée à notre époque moderne.

INGRANNES : UN VILLAGE ASSIÉGÉ

La chasse à courre racontée par les habitants, en forêt d’Orléans

« Le mercredi et samedi c’est condamné, on sait qu’on ne peut pas sortir » déplore une habitante d’Ingrannes.
Une après-midi de rencontres en ville suffit pour prendre la mesure de ce que vivent les habitants de ce village en plein milieu de la forêt, littéralement assiégé deux fois par semaine par la chasse à courre.

« On les croise tout le temps sur la route de Vitry. Une fois, un cavalier a jailli devant ma voiture, j’ai dû piler… Mais pas un regard, pas un pardon, rien ! C’est comme si c’était moi qui avait coupé sa route. Et c’est comme ça tous les samedis… »

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